L’idiot du village

Encore un jeu facile d’accès. L’idiot du village est une variante du traditionnel trou-du-cul qui peut parfaitement se jouer avec un paquet de 54 cartes tout à fait classique. Mais avouons le: le moteur de nos envies reste l’obtention de nouvelles cartes, encore et encore, toutes plus belles les unes que les autres, rivalisant d’inventivité ou de style.

Il vous faudra donc découper 56 rectangles (puis pourquoi pas les aides de jeux) pour jouer à l’idiot du village. Ça peut être assez facile pour quiconque prend la peine de rassembler les outils adéquat ou assez laborieux pour les adeptes du gros scotch comme moi.

Les règles du trouduc’ (ou président dans les familles puritaines) sont soumises à un nombre incalculable de variations familiales. Rappelons seulement que le but d’une manche est de poser l’entièreté de sa main, par groupe d’une ou deux cartes de même valeur (voir trois ou quatre) en surenchérissant obligatoirement sur ce qu’a posé le précédent joueur. Le premier joueur à y arriver devient président. Le dernier fini trou du cul. Le président aura ensuite le droit de filer des cartes moisies au misérable retardataire qui en échange de cet insigne honneur devra lui donner ses meilleures en nombre équivalent.

VIcardviews
images tirées du site de l’auteur

L’idiot du village tente de structurer un peu ça, proposant quelques effets spéciaux et quelques réglementations supplémentaires.
– On commence par poser une carte. (Disons un 4)
– Le joueur suivant a la possibilité de poser une carte de valeur supérieure (un 6 ou un 10) ou deux cartes de la même valeur (deux 4).
-Le prochain joueur devra alors obligatoirement surenchérir (deux 4 ne pouvant plus sortir à nouveau). Et on enchaine, le jeu se jouant majoritairement à coup de cartes uniques. Quiconque ne peut jouer doit piocher une nouvelle carte.

Le jeu se joue en 6 manches. À la fin de chaque manche, le joueur président gagne 5 points, celui qui s’est libéré de ses cartes juste après lui gagne quatre points et cætera jusqu’à ce qu’on atteigne l’idiot du village qui, misérable, ne gagne pas de point.

On ne va pas se mentir: le principe même du président est un king maker absolu. Quiconque gagne des le début tend à le faire jusqu’à la fin. L’idiot du village a tenté de réduire cet effet de gagnant qui continue systématiquement à gagner (notamment en supprimant  les échanges de carte, en permettant aux autres joueurs de scorer aussi sans être président, en incluant des obligations de pioche potentiellement pénalisantes). Le hasard réapparaît ainsi un peu mieux. Le jeu s’avère toutefois un poil limitant, empêchant les si jouissifs brelans et carrés. On pourrait considérer jouer avec nos règles habituelles (en gardant les opportunités de pioche obligatoires).
L’idée de noter les scores balance un peu le jeu mais peut sembler un tantinet lourdaud pour un jeu aussi light et direct que l’idiot du village.

Alors pourquoi en parler ? L’idiot du village utilise une idée extrêmement simple et efficace pour faire de ce vieux classique érodé du président un party game efficace et facile à sortir: à chaque tour le maire édicte une nouvelle règle. Il faudra la suivre tout au long de la partie sous peine de se voir attribuer de nouvelles cartes en surnombre à chaque oubli. Ces édits ne doivent pas changer le gameplay mais impacter les joueurs. Par exemple, tout joueur posant une ou des cartes impaires devra prononcer un juron désuet ou tout joueur disposant de moins de 3 cartes devra faire des bruits de poisson en posant ses plis. Presque tout est permis et certaines parties vous feront amèrement regretter d’être coincé a la place d’idiot en chef.
On se rappellera élixir et ses gages farfelus. Votre créativité (et parfois votre sadisme) déterminera si ce jeu est une réussite.

D’aucun le qualifierait d’excellent filler, ce jeu d’entre les jeux. Je l’envisage plutôt comme un party game léger dédié aux soirées plus sociales que ludiques, le mélange de nostalgie et de règles absurdes correspondant bien au public habituellement peu joueur. L’idiot du village sortira aussi très bien en voyage ou en après-midi familiales, lorsque se lancer dans un nouveau concept semble périlleux.
Le jeu se fait une force de son pitch, enrobant avec candeur et enthousiasme un système de jeu tout simple qui profite a fond d’un peu d’immersion plus prononcée. Il ne tient qu’à nous de nous lancer à corps perdu dans le rôle de maire infâme.

Life in a medieval village can be very political. On one side you have the Mayor – respected, powerful, able to affect real change. On the other side you have the Village Idiot.

Challenge other players to a battle of skill and luck. Add to the rules of the game as you seize power but beware! No one is above the law. Claw your way to the top and do your best to stay there in this fast, fun, trick taking game with a twist! Village Idiot plays in less than an hour for 3-10 people. You’ll be jumping right out of your seat!

Le lien de téléchargement est bien entendu disponible sur boardgamegeek.

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