Love Letter

Love Letter est un jeu plutôt bien connu venu du Japon. Créé par Seiji Kanai (devenu une ultra star suite à ça) et sorti en France en 2012, je ne sais même pas si ça vaut la peine de le chroniquer à nouveau. Quiconque n’a pas déjà essayé ce jeu se doit de le tenter au moins une fois. L’indécision n’est pas de mise avec Love Letter. Soit c’est un franc et définitif oui, soit c’est un dégout tout aussi frontal. En attendant, Love Letter est le jeu le plus réussi de sa catégorie. Complots, par exemple, qui reprend exactement le même principe est loin d’être aussi fluide et efficace.

Dans Love Letter, chaque joueur dispose de deux cartes en main. Chaque carte possède un pouvoir particulier. Celui de regarder le jeu d’un joueur, de le forcer à défausser sa main, de le faire perdre si il possède une certaine carte, etc. À son tour, chaque joueur défausse une carte, active l’effet qui lui est affiliée et en pioche une nouvelle.

Un des reproches majeur de Love Letter réside dans ce déroulement d’actions. Deux cartes dans la main, choisir entre l’une des deux (sachant que certaines cartes ne peuvent ou ne doivent être défaussés) semble très limitant et frustre les stratèges. Ils arguent ainsi que, se retrouvant souvent coincé dans leur possibilité de défausse (et donc d’activation de pouvoir), ils ne peuvent pas prendre de décisions par eux même. Mais justement.

mctom
La version franco-américaine officielle qui fait rêver, avouons-le. Photo par Mctom

Le réel intérêt du jeu ne réside pas dans un quelconque foisonnement d’options permettant de révéler la main de l’adversaire et d’en prendre le dessus (comme un habituel jeu d’affrontement) mais bien dans exactement l’inverse. Un bon joueur de Love Letter s’efforce de découvrir ce qu’a en main son adversaire grâce à ses mouvements de défausse, obligatoires ou feints. Est-il contractuellement obligé de se séparer de cette carte pourtant forte ? A-t il mieux ? A-t il la princesse, qu’il ne peut défausser sous peine de perdre ? Décider d’utiliser un certain pouvoir plutôt que l’autre est au final assez accessoire.  Sur qui et sur quelle carte dois-je cibler mon pouvoir, voila le casse-tête. Le but de Love Letter n’est pas de dominer grâce à son jeu mais de viser juste. De se montrer le plus malin pour découvrir ce que l’autre a en main.

Il existe une tripotée de nouveaux thèmes officiels bizarres pour Love Letter. Batman, le Seigneur des anneaux, star wars… Il existe aussi une flopée de redesign officieux de toute beauté. Officieux donc gratuits. Je vous recommande chaudement d’acheter le jeu quoi qu’il en soit.

Love Letter n’a jamais été destiné au print and play. De nombreuses personnes ont travaillé dessus et on ne doit pas l’oublier. Le jeu le mérite (c’est idiot mais ça compte beaucoup) et se trouve à petit prix (une dizaine d’euros). Enfin, bien qu’il soit vain de faire la promotion d’un jeu qui connaisse autant le succès, ça rendra votre future impression moins moralement répréhensible. Les versions mises en avant dans la suite de ce texte peuvent logiquement appartenir à la catégorie des contrefaçons qu’on ne peut glorifier frontalement.

ludofan
Le redesign dont on parle en fait dans cet article.

Une version permettant de courtiser Batman, une autre nous plaçant dans l’univers de Gatsby le magnifique, les joueurs se sont pourtant montrés agréablement inventifs. Toutefois, les deux plus impressionnantes resteront à jamais le design Adventure time épuré de Ludofan, Retrov et Jan moro ainsi que l’interprétation animalière incroyable de Yohan Bourgeois.

La version de Ludofan était assez pénible à imprimer avant qu’UltraLord ne remette en forme le fichier, tout en ayant la gentillesse de nous éduquer sur ses méthodes de reformatage. Vous pouvez télécharger le jeu et en apprendre un peu plus par içi. Il vous manquera toutefois le dos des cartes, qu’il n’a pas transmis. On les retrouve par contre à l’unité sur le site des créateurs de cette nouvelle mouture. Les règles sont disponibles en français sur boardgamegeek  (comme d’hab’) ou sur ludism. Pour ce qui est des aides de jeux, absolument nécessaires la plupart du temps, aucune solution n’est proposée pour le moment. Il vous faudra probablement créer les vôtres ou adapter les habituelles proposées sur BGG.

Cette version n’est pas parfaite. On lui reproche par exemple l’incohérence de la hiérarchie des personnages ou le placement de Marceline et de son alter-ego paralèlle masculin dans un même univers. Il existe des façons de contourner ça notamment grâce à une carte flame princess ou un pepermint buttler qui trainent à droite à gauche . Par ailleurs, on peut aussi s’en ficher complètement.

La version de Yohan Bourgeois a quant à elle été non pas réarrangée mais carrément étendue grâce à l’apparition de nouveaux rôles. jetez-y un coup d’oeil et téléchargez la sur Gus&co. Elle est entièrement en français. Elle contient aussi ses propres aides de jeu et les règles. Je ne sais quasiment rien de l’application tactique des nouveaux rôles mais je peux deviner aisément qu’ils renverseront un bon nombre de parties.

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Design: Yohan Bourgeois

Love Letter est composé de 16 cartes (extensions mises à part), d’autant d’aides de jeux que vous prévoyez de joueurs (entre 2 et 4) et de 13 pions (que vous pouvez aisément récupérer ailleurs ou que vous pouvez imprimer sous formes de pions lettres ou de cartes lettres). Imprimer  Love Letter demande globalement pas mal d’encre par carte mais peu de cartes donc ça s’équilibre un poil. Concentrez vous sur la perfection du dos des cartes: l’adversaire ne doit pas pouvoir deviner ce que vous avez en main à cause d’une imperfection notable du verso de votre carte.

La sempiternelle galerie d’image de Boardgamegeek nous apprend qu’il existe une bonne plâtrée de thèmes fait maison. Ceux-ci ne sont pas téléchargeables mais nous révèlent qu’il  est très facile de faire sa propre adaptation de Love Letter. Des Schtroumpfs ? Vos amis ? Le ciel est la limite.

Je le répète à la fois pour la forme et pour ma conscience , acheter le jeu est impératif pour ne pas spolier les acteurs de sa chaine de création de leur juste rétribution. L’éditeur américain s’est d’ailleurs prononcé sur la prolifération de ces nouvelles thématisations qui font notre plaisir:

So there’s been a lot of rethemes posted up here and i wanted to step in officially as the publisher and say…

They’re pretty darn cool!

Now, that said, all we ask out of respect for the designer (and well, us) please don’t post entire sets where it could be print and play. Show a few, maybe have some in piles or arranged where they can’t all be read. Very much like most have been here.

Anyway, we are extremely thrilled everyone likes the game so much, and we’re glad you enjoy it enough to have made a small hobby out of rethemeing it. Thanks!

L’image d’en tête est une photo prise par Henk Rolleman.

 

 

 

 

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