Maquis

Maquis est un jeu de plateau solo qui n’existe qu’en impression personnelle. En effet, le jeu est sorti à l’occasion du concours 2013 de création de jeux solitaires et n’a ensuite jamais été porté dans le commerce. Maquis est un jeu de Jake Staines, un p’tit gars du Lincolnshire, créateur de diningtablepnp.com, un site sur les arcanes de la manipulation de pnp.

Cette création ludique obtint en son temps la récompense du best small game, best ressource management et best overall game. Elle fut ensuite sélectionnée pour les golden geek awards la même année. Comme son nom nous le dit clairement, vous jouerez dans Maquis des résistants en pleine guerre mondiale, organisant l’opposition dans un petit village français, au nez et à la barbe des viles boches. Ravitaillement en nourriture, en armes, recrutement, transactions, il faudra tout faire discrètement et rapidement, avant que le moral de la ville ne tombe trop bas ou que vous soyez tous arrêté. Un partie dure en général autour de 25 minutes.

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La version la plus fréquemment utilisée du jeu est son redesign par illya 77 qui présente l’avantage d’améliorer la plupart de ses composants (malgré un plateau d’origine déjà réussi). Si vous optez pour cette version, il vous faudra alors monter un plateau de jeu en A3, 15 petits pions personnages, 24 mini pions de ressources, 18 cartes, 6 tuiles d’emplacements et 9 pions additionnels variés. Vous pouvez aisément remplacer les personnages par des meeples et les ressources par des cubes piochés à droite à gauche mais vous y perdrez grandement en immersion.  Ça peut représenter pas mal de travail manuel mais  vaudra sacrément le coup.

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Mieux qu’ikea

Lors des prémices du jeu, vous disposerez uniquement de trois résistants. Vous aurez aussi pioché deux cartes missions qui seront les deux objectifs nécessaires à votre victoire.

Un tour de jeu se décompose en trois phases: pose des résistants et des nazis sur le plateau, résolution des actions ainsi engendrées puis modification des constantes du jeu en vue du prochain tour. Easy.

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Deux missions en cours

Pendant la première phase, vous décidez d’où vous déposerez vos personnages. Vous pouvez les placer sur n’importe quelle case vide de la ville. Chaque bâtiment vous permettra d’obtenir des ressources ou d’exécuter des actions différentes, il faudra donc bien sélectionner. Toutefois, les allemands veillent et des patrouilles sillonnent la ville ! Après avoir posé un résistant, vous devrez retourner une carte patrouille déterminant ou se placera un milicien teuton. Chaque carte patrouille comporte 3 lieux. Si le premier est occupé (par n’importe qui), le milicien se poste sur le second. Si les trois lieux sont occupés, le milicien revient sur ses pas et se poste sur le premier endroit de sa carte contenant un de vos résistant. Il l’arrête dans le processus et vous perdez définitivement ce personnage.

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Les pions qu’on voudrait le moins voir bouger.

Lorsque tout le monde est bien en place, la phase 2 se déclenche et vous récupérez les biens générés par les lieux dans lesquels vous vous êtes glissé. Du moins vous tentez car pour pouvoir en profiter, il faudra que vos résistants arrivent à retourner au bercail sans croiser le chemin d’un milicien. Si tous les chemins reliant les planques à l’un de vos résistants sont bloqués par des patrouilles, celui-ci tombe alors dans leur filet et se fait fusiller. Vous le perdez définitivement. Il vous sera possible de tirer sur des miliciens avec des armes de contrebande que vous aurez récupéré auparavant mais, bien que cela sauve votre maquisard, leur mort provoquera l’arrivée de soldats nazi bien plus dur à cuire et dégradera la situation globale du village.

Enfin, lors de l’ultime phase, vous retirerez les patrouilleurs du plateau, avancerez d’une case sur la piste du temps et perdrez potentiellement du moral.

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Vous ne gagnez qu’à la condition expresse d’avoir réussi vos deux missions obligatoires lorsque vous atteignez le 15 tour de jeu. Si avant cela, le moral des citoyens de la ville tombe à 0 ou que tous vos résistants sont arrêtés, vous perdez. Plus personne ne pourra tenir tête aux oppresseurs. Si, une fois atteint le 15 jour, vous n’avez pas réussi vos objectif, le glas sonne aussi. Il est trop tard pour s’opposer aux envahisseurs, votre ville est prise. Si vous n’en n’avez réussi qu’un seul, c’est un match nul. Disons que le combat continue.

La structure du jeu est extrêmement fluide et pourtant, c’est un sacré casse-tête. La multitude d’options de récupération de biens permet de se créer de nombreuses routes stratégiques. Grand risque et profusion ou compte goutte ? Le hasard du placement des allemands crée une dynamique de prise de risque étonnante puisque bien qu’on ne puisse éviter certains maraudeurs, il faut penser à ses sorties de secours, quitte à boucher des emplacements dangereux et/ou à décider de la valeur dune arrestation sur une autre. Maquis utilise la mécanique du worker placement à la perfection. Le cumul du temps limite, des patrouilles et de la baisse constante de morale ajouté à toutes les corrélations que ça inclut est extrêmement efficace et induit une sacré tension. Le thème est constamment en adéquation avec nos possibilités et tout se justifie merveilleusement bien. Bien loin d’un jeu de guerre, Maquis est un jeu de réflexion et de patience des plus plaisants.

Maquis existe en français grâce à ScalpHell/darknico, un utilisateur de boardgamegeek qui a inclus Maquis dans son propre top 10. Le jeu se joue aussi très bien en anglais puisqu’une fois les règles assimilées,  la majorité de la partie sera gérée grâce à des pictogrammes. Je n’ai encore jamais croisé d’avis négatifs sur ce jeux. Pas même d’avis neutres ou hésitants.

Enfin, aux débutants je dirais:

  • Ne débloquez jamais tous vos résistants à la fois, aussi tentant et frustrant que ça puisse être. Le nombre de pions allemands est indexé sur le nombre de résistant lorsqu’il y a surnombre. À effectif complet, vous risquez l’arrestation à coup sur.
  • Débloquez au plus vite la seconde safe house au milieu du plateau sous peine de vous priver d’un grand nombre d’actions par manque de voies de rapatriement.
  • N’hésitez pas à assurer les arrières de vos résistants en dévouant parfois un pion à un espace vide (et donc sans effet) mais crucial pour le chemin du retour. Ça évite qu’un allemand ne s’y cale si il a le choix.
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