Vast: the crystal caverns

Vast: the crystal caverns est un simili-dungeon crawler extraordinairement asymétrique de 2 à 5 joueurs porté sur kickstarter en 2015. Le développement du jeu s’étant déroulé sur plusieurs années, vous le connaissiez peut-etre sous le nom de trove.

26 pages de cartes (13 recto / 13 verso inévitables), 5 plateaux de joueurs, 18 pages de pions et tuiles (recto/verso obligatoire aussi) ainsi qu’une page permettant la conversion d’un dé en dé spécial vous seront nécessaires. En plus de tout ça, il vous faudra fournir un cube vert, 5 gris, 7 jaunes, 3 rouges et 14 rouges sombre (noir conviennent aussi). A part les trois cubes rouges, vous remarquerez vite que vous pouvez convertir les autres en n’importe quelle couleur, tant que vous continuez à les différencier. Soyez prévenus: les règles du jeu font entre 18 et 20 pages.

Chaque joueur de Vast joue un rôle unique, un dragon, un chevalier, un voleur, un rassemblement de gobelin ou la caverne elle même ( ! ).

Pour s’assurer la victoire, le chevalier doit tuer le dragon. Trop faible au début, il lui faudra parcourir au préalable la caverne en quête de trésors, de nouvelles salles à révéler, de quêtes et d’expérience pour s’aguerrir un peu et monter en puissance.

Pour gagner, le Dragon endormi doit se réveiller complétement puis s’échapper de la caverne. Grignoter du gobelin, récupérer des trésors ou apposer sa marque sur la caverne l’aidera à surmonter une matinée millénaire difficile et a retrouver la pleine possession de ses moyens.

Les Gobs en veulent au chevalier. Le joueur gobelin incarne trois tribus qui rodent dans les coins sombres de la caverne et se regroupent pour attaquer. La victoire leur appartient une fois le chevalier occis. Quiconque s’en prend aux gobelins ne fait qu’augmenter leur rage et leur pouvoir. Ceci dit, fédérer trois tribus de trollitos turbulents est une sacrée gageur et les gobelins ont tendance à s’évanouir dans la nature une fois leurs raids effectués.

Le voleur, lui, subit un autre genre de désagrément. Il est maudit. Faiblard comme pas possible il ne cesse de mourir… pour réapparaitre de plus belle au centre de la caverne. Il lui faudra faire preuve de furtivité pour voler des butins à droite à gauche. Il perd tout si il se fait trop malmener. Il vainc la malédiction de la cave si il atteint la sortie avec un certain nombre de richesses en poche.

Enfin, la caverne n’a qu’un rêve, s’effondrer sur elle même et enterrer vivant tous ces impudents. Elle ne peut le faire avant d’avoir grossi jusqu’à une taille suffisante et, en attendant d’en arriver la, s’arrangera pour semer la confusions chez les autres joueurs, les ralentir, les perturber.  Elle pourra même favoriser les traines savates, histoire de limiter un peu l’égo et l’avancée des plus en vue.

Difficile de rentrer plus en détail dans le gameplay de chaque rôle tant les mécanismes sont radicalement différents. Le chevalier se joue à coup de quêtes et de points d’expérience, le dragon à coup de gestion de main et d’actions sous contraintes, la cave à coup de tuiles et de placement, les gobelins à coups de petits pouvoirs mesquins et de renforts permanents.  Chacun devra se remplumer en effectuant des taches spécifiques puis dépenser des actions. Plus de détails sur le sujet en anglais sur geekdad.com.

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Photo de Kyle W.

Cette asymétrie radicale est à la fois l’argument de vente majeur, la force et la plus grande faiblesse du jeu. En effet, elle induit une diversité merveilleuse et novatrice, dans un écrin très bien poli, mais signifie aussi une pénibilité d’apprentissage / d’explication un peu intense. Il faut se souvenir d’une foultitude de petites choses au moment de chaque action. Les règles ne font que deux pages par personnages mais il y a pas mal de choses à retenir. D’aucuns considèrent le jeu comme dur à faire apprendre mais préviennent aussi que c’est l’arbre qui cache la foret tant Vast est agréable et efficace une fois un peu appréhendé.

Vast c’est beaucoup de va et viens et des joueurs qui n’interagissent pas régulièrement entre eux pendant un gros bout de la partie. C’est aussi un jeu ou les personnages se construisent et qui induit donc une augmentation progressive d’intensité. Enfin, Vast, c’est un rush, timide au début, qui prend une ampleur démesurée à mesure que la partie se termine notamment grâce à la cave qui commence à s’effondrer une fois sa pioche épuisée (ce sont les autres joueurs qui, par leurs explorations, font jouissivement décliner la pioche).

Les graphismes de Kyle Ferrin sont notamment inspirés de Dann Hipp. On croirait presque un comics indé intelligent  pour pré-ado, c’est très réussi.

Il y a beaucoup beaucoup de choses à dire et à apprendre sur Vast: the crystal caverns. C’est pourquoi le mieux pour débroussailler tout ça reste cette vidéo de Jongetsgames, qui fait un travail didactique impressionnant sur ce jeu. De son propre aveu, cette vidéo de partie fut la plus complexe à tourner de sa carrière. Il s’en sort très bien et nous propose posément et pas à pas une revue complète de la myriade de mécanismes de Vast, en les réitérant suffisamment pour que ça rentre. La vidéo est en anglais mais la répétition et la sobriété de Jon en font une petite sinécure qui vous suffiera pour savoir si oui ou non, Vast mérite votre temps et vos efforts.

Rendez-vous en bas de sa page Kickstarter pour les fichiers à imprimer.

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