i hate zombies

I hate zombies est un pur party game qui n’a rien a voir avec l’application téléphonique du même nom. Disponible depuis 2015 grâce à son kickstarter, le jeu se targue d’être le micro game #1 de boardgamegeek. Effectivement, on remarquera sa nomination aux golden geek awards de 2015 aux cotés de jeux ayant créé des ras de marée d’amour chez les joueurs.  I hate zombie s’est fait un tantinet plus discret (notamment sur nos étals français puisqu’il ne semble pas y avoir trouvé de distributeur) mais n’a pas échappé au succès d’estime dans sa mère patrie (joli score lors de son crowdfunding).

Sans en savoir beaucoup plus sur la question, il semblerait que ce jeu soit le tout premier publié par Boardgamegeek lui-même et que tous les profits aient été reversés à la communauté.

IHZ se plait à s’appeler un micro game et en effet, à l’instar d’un loup garou, il  vous suffira d’une carte par joueur pour en profiter. Aucunes fioritures, une règle du jeu extrêmement concise et un ensemble de 13 cartes recto-verso (impératif) à imprimer au total vous permettront de jouer jusqu’à 12 joueurs. Le fichier proposé par l’éditeur ne contient que des crayonnés des visuels définitifs. Bien que les cartes soient suffisamment agréables et probantes, il faudra faire pétiller ces illustrations par des papiers colorés pour faire ressortir au mieux les rôles attribués aux joueurs.

Les cartes sont à double face. L’une est dédiée à un personnage humain et l’autre à un zombie. Selon si il est humain ou zombie, le joueur retournera sa carte pour officialiser son rôle. Des oppositions de papier de couleur permettront aux protagonistes de la partie de bien mieux cerner qui est qui de loin (surtout à 12).

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Humains ? Zombies ? Mais que se passe-t il, enfin ? L’apocalypse est à nos portes. Les zombies aussi. En fait, nous en sommes littéralement encerclés. Bien que leurs motivations soient un poil opposées, le but des deux camps demeure similaire: annihiler celui d’en face. Vous vous affrontez à coup de pierre-feuille-ciseaux (oui oui) jusqu’à ce que l’un des camps disparaisse purement et simplement.

Un joueur sur deux (spatialement) incarne un humain. Ceux-ci ont chacun un pouvoir unique qui s’active selon des conditions différentes. Chacun leur tour, les zombies choisissent une cible, le premier humain sur leur droite ou sur leur gauche, et le défie à un shifumi en une manche. Le perdant prend une blessure. Au bout de trois blessures, un zombie succombe. Au bout de deux blessures, un humain… se transforme et passe dans le camp ennemi ! Rien ne se produit en cas d’égalité et on passe directement au zombie d’à coté. Car oui, les humains ne peuvent pas attaquer !

Les humains gagnent lorsque tous les zombies (même ceux nouvellement créés) ont disparus de la table. Les zombies ne sont satisfait que lorsqu’il ne reste plus un seul humain à manger. Difficile de parler de victoire à proprement parler, bien que cette prouesse reste terriblement jouissive du point de vue des joueurs.

Le jeu se résume à ça. Réellement. Et pourtant, il se passe un bien plus grand nombre de choses lors d’une partie.

IHZ_zombie_hero_RGB

Négociations, cibles prioritaires, combo et jeux d’esprits sont monnaie courante. Les pouvoirs octroient un avantage aux fragiles humains mais encore faut-il pouvoir les utiliser. Les Zombies meurent mais renforcent leurs rangs au cours de la partie.  Les humains ne peuvent pas attaquer mais leurs dégâts peuvent se répercuter bien loin et ils sont même capable de s’entraider. Il faut donc bien choisir ses opposants.

Kevin Wilson, le designer est plutôt connu pour ses gros jeux et pourtant IHZ est un réel jeu d’ambiance. De ceux dont on ressort avec le sourire. De ceux qui font interagir autour d’une table. Les graphismes joyeusement désinhibés sont fort sympathiques même en restant crayonnés. Ceux-ci sont d’ailleurs bien vite oubliés tant tout se passe autour de la table et non pas dessus.

Le jeu est savamment déséquilibré. Cette asymétrie assure une partie différente à chaque fois mais peut aussi s’avérer source de frustration. Les zombies meurent et patientent. Les zombies peuvent aussi se faire one-shoter (c.a.d mourir en un coup bien placé). C’est fondamentalement injuste et rageant mais c’est aussi source de réflexion et de retournements de situation. Qui attaquer en premier ? Qui éviter ? Les humains sont tour a tour increvables (avec sérum, pouvoirs ou talent) ou fragiles comme des feuilles. Votre durée de vie est donc tout à fait aléatoire. Le jeu se renouvelle en fluctuant sans cesse et en troublant les habitudes / vitesses de jeu.  Aucun type de comportement ne sera valable d’une partie sur l’autre. Aucune analyse, aucun affinage ne survivront au parties suivantes.

Par chance, IHA se joue en 5 bonnes minutes si les joueurs se bougent un peu et est autant source de bonnes exclamations (surtout lorsque le dernier joueur humain parvient à survivre un temps considérable face à tout une horde de zombies déchaînés mais visiblement pas très alertes) que de froncements de sourcils. L’ambiance à la table, à laquelle les éliminés participent avec plaisir, efface légèrement le désagrément de l’éviction.

Un joueur humain peut se faire snober tout au long d’une partie. En échange il sera la cible privilégié des zombies en fin de jeu et rattrapera son retard mais selon sa chance ou son talent, peut être jouera-t il moins que prévu. De même, les humains ne pouvant attaquer, ils ne participent pas forcément activement à l’évolution des forces en présence. Cette obligation de simple réaction affaiblie les sensations de jeu et peut impacter l’impression de participation. Un affrontement pour la survie peut toutefois durer longtemps et devenir gentiment épique mais chaque manche de shifumi reste très fugace et le temps d’attente des joueurs sera systématiquement plus élevé que leur temps de jeu. Comme tout party game, I hate zombies dépend de ses joueurs pour s’affirmer.

IHZ est un jeu qui danse sur des charbons ardents. C’est fun mais jamais très stable. On en ressort en ayant l’impression d’avoir participé à quelque chose d’agréable mais ça peut laisser des traces amères. Aucune partie ne se ressemble véritablement et rien ne peut vraiment présager de la victoire d’un des groupes ni de la durée d’une partie. La chance, le talent individuel, tout ne tient au final qu’au plaisir retiré d’une égalité salvatrice, d’un coup mortel jouissif ou d’un choix de cible particulièrement mesquin. IHZ est propice aux éclats de rire et à la mauvaise foi. Les pouvoirs sont très aléatoires. La plupart sont surpuissants mais plus ou moins très difficiles à caser. Tous sont extrêmement impactant. Malgré leurs trois points de vie, les zombies n’ont pas véritablement le droit à l’erreur.

On pourrait croire que le fait de jouer à un pierre-feuille-ciseau enrobé de zombie aurait de quoi rebuter. Que ça créerait un déficit d’image immédiat et qu’il faudrait systématiquement convaincre de nombreux réticents. On pourrait aussi se dire que le shifumi représente une activité très infantile et déconsidérée, sans attrait ludique ou valeur de jeu pour beaucoup, joueurs invétérés ou non. Dans les faits, oui, peut-être. De nombreux participants ont toutefois de bons souvenirs des pierre-feuille-ciseaux éclairs de leur jeunesse et comprennent rapidement que le jeu n’a pas pour vocation de les emmener dans des abysses de planification ou de gestion. Le concept leur est accessible et agréable. Un joueur de longue date aura d’ailleurs bien souvent l’intelligence et l’expérience nécessaire pour appréhender IHZ du bon pied tandis qu’un nouveau sera juste content de pouvoir rigoler en groupe/en famille.

Si le concept vous inquiète encore, sachez qu’on peut parfaitement expliquer le jeu sans amener l’idée de résolution des conflits par pierre-papier-ciseau avant la toute fin.

Attention, I hate zombies ne se joue absolument pas à moins de 5 joueurs. Des règles sont prévues pour ce genre de situation mais elles sont lourdes et impactent négativement le flux du jeu. Ce jeu est définitivement un jeu léger, facile à emporter partout et à sortir dans des situations de groupe incongrues.

I hate zombies existe en anglais et en français.

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