Castel builders

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Les jeux qui se targuent d’avoir un format de carte de visite sont souvent difficilement maniables. Autant l’avouer: les composants sont trop petits. Mais un jeu qui se prévaut d’un format carte postal ? Quelle étrangeté.

Castle Builders, apparu sur le net en 2008, est de ce second type, un peu étrange à manipuler, un peu étrange à transporter mais tellement agréable à expérimenter. Le jeu profite d’ailleurs très bien de son format qui lui permet de ne pas tomber dans les travers des micro-tuiles inaccessibles même aux doigts les plus aguerris tout en évitant de ressentir son léger manque de glamour visuel. Le plateau a beau être de toute beauté, les tuiles auraient, en cas d’impression en grand format, mérité un meilleur traitement stylistiques.

Pour jouer à Castel Builders, il vous faut un.e rival.e (car le jeu est un duel) et une feuille de papier. Sur ladite feuille, vous imprimerez son plateau et ses 45 petites tuiles.  Le jeu est disponible en français et en anglais mais la langue importe peu tant les règles sont simples et faciles à assimiler. La version new look peut s’avérer utile en cas d’impression en noir et blanc.

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Son principe est extrêmement simple (induisant d’ailleurs des parties courtes qui tendent à s’enchaîner). L’un après l’autre, chaque joueur devra poser une tuile de sa couleur sur l’un des espaces disponibles du plateau, à la manière de briques donc en respectant la logique de la gravité. Lorsque le chateau est complet, la partie s’arrête et les points sont décomptés. Le joueur ayant remporté la majorité sur une ligne ou une colonne (sur un étage ou une tour, thématiquement) score le nombre de point qui lui est affiliée. Rapide, concis, efficace. Attention toutefois, certaines tuiles permettent de chambouler le flux de ce jeu qui, sans ça, se transformerait vite en un désagréable morpion.

Une des tuiles permet de rejouer immédiatement. Sympa. Une autre permet de doubler son score sur une ligne ou une colonne en cas de majorité. Immanquable. Une troisième autorise le joueur à retirer une tuile adverse du plateau. Traître. Une dernière oblige à passer son propre tour ! L’ensemble de ces effets produit une modification drastique de chaque partie. Aucun coup ne ressemblera au suivant, même si certains réflexes sont à maîtriser rapidement. Il ne faut par exemple absolument pas laisser son adversaire conserver un multiplicateur sur une des lignes inférieures, qui valent le maximum de points (et à l’inverse tout faire pour placer les siens, bien entendu).

Pour limiter l’effet du hasard, chaque joueur dispose de 2 tuiles par tour. il n’en jouera qu’une puis en piochera une nouvelle. Certains enchaînements complètement dingues ne seront tout de même permis que par le hasard le plus complet mais n’en sont pas moins satisfaisants. Les parties sont courtes, permettant aux coups d’éclats de ne pas marquer durablement l’adversaire d’une amertume parfois difficile à éviter. Le jeu réussi toutefois le plus souvent à rééquilibrer la donne naturellement sur plusieurs manches.  De plus, une chance insolente (disons un bon combo involontaire) sera invariablement suivi par une période de vache maigre puisque les tuiles ayant des effets positifs marquants seront déjà sorties, laissant à l’adversaire la possibilité de se rattraper. De même, si les tuiles négatives ou neutres sont parfois inévitables, leur utilisation peut aussi s’avérer très stratégique, pour éviter de les gâcher ou pour se laisser la possibilité de mieux détruire son adversaire plus tard.

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Image d’Annowme sur BGG

Sous des abords assez limités, Castle builders propose en vérité un petit packaging inattendu de coups en traître, de coups d’éclats et de coups de maître. Le jeu est véritablement efficient, d’une simplicité confondante et pourtant infiniment amusante, rapide et renouvelable. Pas d’intense réflexion et une bonne dose de coups de bol, Castle builders ne devrait pas être proposé aux joueurs méticuleux qui aiment organiser à l’avance l’entièreté de leur partie. À l’inverse, il représente à la fois un bon jeu casual, un bon gateway et un super travel game à sortir en a peu près toute occasion.

Castle Builders est disponible sur IOS ainsi que sur android. L’intelligence artificielle pouvant servir d’ennemi est suffisamment performante pour sortir cette application de la toute petite sphère des simples curieux qui voudraient tenter le jeu avant de se décarcasser à le découper. Cette version dématérialisée est terriblement appréciable et d’une efficacité mortelle en déplacement.

Castle Builders fait partie d’un embryon de collection, le game-o-gram, qui s’est arrêtée aussi soudainement qu’elle a commencé. Le jeu n’est toutefois pas le seul à profiter du format carte postal. Petite anecdote: il semblerait que Nick Hayes, créateur émérite de fameux PNP (Jasper and zot et Utopia engine, notamment, mais aussi djinns game, icarus twins et no good gremlins ) tienne Castel builders en très haute estime. On comprend pourquoi.

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